PotiBook N°1 - Mars 2026
LES ROUTES DU JURA ET DU DOUBS DANS LA ROUE DE MA BANDE DE POTES
Prenez la route avec moi à travers le Doubs et le Jura
Des rivières, des lacs, des cascades, des forêts à perte de vue… départements voisins, le Doubs et le Jura s’étendent sur 10 000 km2 d’espaces naturels sauvages et préservés. J’ai la chance de sillonner régulièrement cette partie de la Franche-Comté, et je me régale à chaque sortie. Comme vous le savez peut-être, j’aime rouler tranquillement au guidon de ma Bullet ou de ma 125 Shadow en contemplant les paysages et en prenant mon temps.
Cette philosophie, cet éloge de la lenteur, nous sommes nombreux à les partager. C’est pourquoi je vous propose de me suivre sur un parcours que j’ai sélectionné pour vous, les Potes.
Au cours de cette balade nous allons emprunter des routes sinueuses qui serpentent entre les sapins, les lacs et les montagnes. Nous traverserons des villages pittoresques, nous prendrons le temps de pauses café au bord de l’eau et nous découvrirons des panoramas dont la beauté vous laissera sans voix.
Ce carnet de route est une invitation à la découverte, une “balade aventure” sur 4 jours pensée pour celles et ceux qui roulent pour le plaisir et pas pour le chrono. C’est un partage des plus belles routes, de bonnes adresses et de cette ambiance unique des sorties entre potes.
Alors préparez vos bécanes, enfilez vos blousons et laissez vous guider. Le Doubs et le Jura vous attendent et croyez-moi, ils ont beaucoup d’atouts pour vous séduire.
Bernie
SOMMAIRE
4 jours de route, 4 étapes pour découvrir le Jura et le Doubs. Cliquez sur une étape pour y accéder directement.
- ➜ Avant le départ ou au retour : visiter Besançon
- ➜ Jour 1 – Des forêts du Haut-Doubs aux lacs du Jura
- ➜ Jour 2 – Entre cascades et routes de montagne
- ➜ Jour 3 – Villages perchés et routes secrètes du Jura
- ➜ Jour 4 – Le retour par les crêtes et les belvédères
- ➜ Infos pratiques
- ➜ Cartes de vos étapes
Avant le départ ou au retour : visiter Besançon
Photo à remplacer par une dont on a les droits, ou alors on en achète une dizaine sur Pixabay, dont potentiellement celle-ci, pour compléter celles qu’on a en source propre. Je peux couvrir ce budget.
Besançon : visite à pied • Durée estimée : 1/2 journée à 1 journée
Je vous propose un circuit au départ de Besançon, une ville que je connais bien pour y vivre depuis plusieurs années. Si vous souhaitez prendre le temps de la visiter, prévoyez d’arriver sur place la veille de votre départ ou d’y rester quelques heures au retour. Vous trouverez de quoi vous en mettre plein les yeux tout en traversant les siècles !
Vos bécanes au repos, faites quelques pas dans le centre-ville… vous voici sur le seuil d’une balade à remonter le temps :
Le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie (1 place de la Révolution・Plein tarif : 9 €)
Ouvert en 1694 — près de 100 ans avant le Louvre, c’est le plus ancien musée de France mais surtout une référence par ses collections ! Il occupe une ancienne halle aux grains splendidement rénovée, qui détient le label “Architecture contemporaine remarquable”. Vous y admirerez des œuvres de Titien, Goya, Courbet ou encore Signac, Bonnard et Rodin (impossible de les citer tous !) L’espace archéologique retrace la vie autour de la vallée du Doubs depuis la Préhistoire jusqu’au Moyen-âge, cette même vallée que vous êtes vous-mêmes sur le point de découvrir, au 21e siècle en moto (avouez que ça vaut le coup de faire le pont) ! S’y ajoute une très belle collection égyptienne, plus inattendue mais tout aussi immanquable!La Maison natale de Victor Hugo (140 Grande-Rue・Plein tarif : 3,30 €)
Victor Hugo n’a pas vécu longtemps à Besançon mais il y est né et y reste admiré. Les expositions de sa Maison natale mettent un accent original sur le “citoyen Hugo” et la modernité de ses engagements, politiques comme humains (les grands esprits ne meurent jamais !) Offrez-vous cette rencontre avec lui, servie par une scénographie élégante et moderne, et demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, son esprit sera avec vous au moment où vous partirez 😉.Le Pont Battant est une signature de la ville ! Son histoire remonte à l’époque romaine, et si ses dernières piles de pierre ne résistèrent pas aux destructions infligées pendant la Seconde Guerre mondiale et à sa reconstruction dans les années 50, il reste une traversée iconique desservant la Grande rue et la place de Révolution. À son extrémité, les fidèles motards feront un petit check à la statue de Jouffroy d’Abbans, ingénieur qui fut un pionnier de la navigation à vapeur, un féru de mécanique et de voyage, un pote quoi — qui roulerait certainement aujourd’hui à moto !
Besançon : ville de culture et d’histoire
Quant à la Cathédrale Saint-Jean, de fondation carolingienne (3e siècle !), elle est célèbre aujourd’hui pour ses deux absides, et son horloge astronomique dont les cadrans somptueux feront pâlir jusqu’aux plus fiers possesseurs de Harley !
Last but not least, si vos pas vous conduisent devant le 6 rue Gustave Courbet, poussez la porte de la librairie Reservoir Books (une librairie qui ne manque pas de chien !) où vous trouverez ce qui se fait de mieux en matière de littérature policière mais pas que. Vous y croiserez Hélène et Bruno qui connaissent tous leurs livres comme leurs poches (ça existe encore !) et, climax amical de votre périple, vous pourrez demander de mes nouvelles à Hélène ! 🤗
Le pont Battant et l’église Sainte-Madeleine
Reservoir Books, la librairie où on fait le plein
Pour couronner votre visite, vous prendrez de la hauteur en direction de la citadelle qui surplombe la vieille ville.
La citadelle de Besançon (99 rue des Fusillés de la Résistance・Haute saison : 13,50 €・Basse saison : 9,50 €)
Elle est accessible à moto (tous les détails ici), et possède d’ailleurs le label Motards, bienvenue ! décerné par Doubs Tourisme. Mais courage ! allez-y à pied ! c’est une chouette balade qui vaut le coup d’œil et qui fait du bien 💪. Imaginée par Vauban au 17e siècle et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette forteresse est considérée comme un chef-d’œuvre de l’architecture de défense. Ses fortifications épousent le relief du mont Saint-Étienne sur lequel elles sont édifiées, et offrent des panoramas saisissants. Ce vaste ensemble abrite également trois musées, dont celui de la Résistance et de la Déportation auquel, bercé des souvenirs de maquisard de mon père, je suis particulièrement attaché.
Mais assez flâné, l’esprit (et les sacoches) remplis d’images et de souvenirs, il est temps de se mettre en route.
Mon conseil
Conseil valable pour l’ensemble de cette rando : prévoyez dans vos sacoches une bonne paire de baskets ou de chaussures de marche !
Jour 1 – Des forêts du Haut-Doubs aux lacs du Jura
Un terrain de jeu idéal pour prendre du plaisir à moto
Je pense qu’il faut qu’on ait une carte comme ça pour chaque étape, avec un lien vers la version interactive. J’ai fait simple avec Google Maps à titre de place-holder car je ne veux pas me lancer dans l’apprentissage de Kurviger mais je vous laisse inclure l’image ad hoc.
Départ : Besançon • Arrivée : Champagnole • Distance : environ 165 km • Durée estimée : 4h à 5h (hors pauses)
Dénivelé : +1 800 m cumulés • Type de route : départementales sinueuses, forêts, vallées et premiers cols
Vous quitterez Besançon par la RN57 puis la D67 (direction Tarcenay/Ornans/Vallée de la Loue) jusqu’à Ornans. Ces 25 premiers kilomètres vous feront parcourir une des plus belles routes panoramiques de la région. Elle traverse des forêts de hêtres ou d’érables, et des prairies où vous pourrez admirer les Montbéliardes. C’est à ces vaches à la robe pie rouge (eh oui ! c’est le vrai nom de leur couleur, je l’ai appris moi-même en rédigeant ce guide pour vous !) que nous devons la fabrication du Comté, un fromage qui fait la fierté de toute la région (ça, je ne vous ai pas attendus pour apprendre à le vénérer !) D'ailleurs vous rencontrerez de nombreuses fromageries sur votre route et je vous recommande vivement de déguster la production locale.
De Besançon à Ornans
Une pie rouge est cachée dans cette image (cherchez bien !)
Après avoir traversé quelques hameaux et le village de Tarcenay, vous arriverez à Ornans, agréable bourgade qui s’étire au bord de la Loue. Sa proximité avec l’eau lui a valu le surnom de “petite Venise comtoise”. C’est ici qu’a vécu (et qu’est enterré) le peintre Gustave Courbet. N’hésitez pas à visiter le musée qui lui est dédié, il propose plusieurs centaines d’œuvres dont une soixantaine de Courbet lui-même, qui reste considéré comme le fondateur du réalisme pictural au 19e siècle.
Avant de repartir, vous pourrez prendre le temps d’une pause à la terrasse d’un des nombreux cafés autour de la place centrale ou dans les ruelles alentour. Vous pouvez y déjeuner si vous avez pris le temps de flâner, ou bien tailler la route à la fraîche jusqu’au lac de Saint-Point, autre spot idéal pour faire halte.
Prenez la direction de Mouthier-Haute-Pierre, un des plus beaux villages de France. Vous emprunterez la D67, une route que j’adore. Creusée à flanc de rocher et très prisée des motards, elle vous permettra de prendre de la hauteur et de traverser les gorges de Nouailles, un canyon creusé par la Loue, profond de 350 mètres par endroits, qui offre de nombreux points de vue sur les paysages environnants. Si vous êtes de vrais Potes vous roulerez tranquillement, en respectant la faune, la flore et la paix minérale de l’endroit. N’hésitez pas non plus à faire des pauses sur les petits parkings aménagés sur le parcours, vous pourrez y contempler des panoramas magnifiques.
Ce moment de bonheur continuera sur la D67 puis la D41. La montée est splendide, les courbes s’enchaînent entre falaises, forêts et hameaux perchés. À Mouthier-Haute-Pierre, prenez le temps de béquiller vos motos et de vous balader dans le village. Il est situé au pied de falaises impressionnantes et ses ruelles sont charmantes.
Ensuite, vous continuerez en direction de La Planée, par une portion roulante sur la N57 jusqu’à Pontarlier, puis la D437. De La Planée, vous rejoindrez Métabief par la D9, offrant de superbes vues sur les plateaux du Haut-Doubs. Là encore prenez le temps de contempler le spectacle magique des montagnes et des forêts environnantes. Au loin, si la visibilité s’y prête, vous découvrirez jusqu’au Mont-Blanc.
Vous poursuivrez votre balade vers Les Fourgs et pourrez profiter des premiers panoramas du Jura. Cette station familiale est connue pour ses parcours de randonnée pédestre ou à VTT, et l’hiver pour ses pistes de ski nordique. Vous descendrez ensuite vers le lac Saint-point, l’un des plus grands lacs naturels de France. Entouré de forêts, d’alpages et de villages paisibles il est situé à 849 m d’altitude et propose de nombreuses plages agréables.
Vous y aurez le choix entre plusieurs restaurants de qualité, dont l’auberge du Lac à Saint-Point-Lac, avec sa terrasse face à l’eau et son ambiance tranquille.
D’Ornans au Lac de Saint-Point
Tous les sens dessus-dessous au lac de Saint-Point
Vous reprendrez la D437 jusqu’à Mouthe, un très joli village, connu pour ses hivers glacés. C’est ici qu’a été enregistré un record : le thermomètre a affiché -41,2°C en janvier 1985 ! D’ailleurs il gèle parfois en plein été dans les combes environnantes mais rassurez vous, cela reste rare !
Ensuite la D389 vous emmènera jusqu’aux premiers villages du Jura. Un conseil : faites une pause à Foncine-le-Haut. Je suis sûr que vous tomberez comme moi sous le charme de ce petit village de montagne. Situé à plus de 900 m d'altitude, il est considéré comme un véritable paradis du ski nordique. Une petite balade à pied dans ses ruelles, vous fera apprécier l’âme du Jura : nature, culture pastorale et authenticité.
C’est donc heureux et rechargés en dopamine que vous bouclerez cette première étape à Champagnole, destination parfaite pour une nuit en gîte ou en hôtel motard-friendly.
À ne pas manquer : le point de vue du Mont d’or, accessible en quelques minutes à pied depuis le parking du col. Panorama à couper le souffle sur toute la chaîne du Jura.
Mon conseil
Le matin, faites le plein avant Ornans — plus loin, les stations sont rares dans la montée vers Pontarlier.
Jour 2 – Entre cascades et routes de montagne
Cascades et lacs du Jura : une étape sous le signe de l’eau
Après une bonne nuit de repos, vous serez en pleine forme pour profiter de cette deuxième journée de balade. Avec plus de 2500 km de rivières et près de 6000 ha de lacs ou d’étangs, le Jura est un département “aquatique”. Alors, un conseil pour cette étape : gardez votre appareil photo à portée de main car chaque virage ouvre une véritable carte postale. Émerveillement garanti !
Dès la sortie de Champagnole, vous prendrez la direction des cascades du Hérisson via la D471 puis des petites routes départementales sinueuses et encadrées de falaises et de sapins.
Arrivés à Menétrux-en-Joux, vous pourrez garer vos motos sur le parking de la Maison des cascades et vous rendre à pied jusqu’à la chute de l’Éventail. C’est la première et la plus connue des cascades du Hérisson. Il vous faudra une dizaine de minutes de marche pour arriver sur le site mais la récompense est belle : la cascade de l’Éventail fait une chute de 65 m ! Quand on se trouve au pied de cette merveille naturelle, ce qui frappe instantanément c’est le bruit sourd de l’eau et la sensation de fraicheur, même en plein été.
Départ : Champagnole • Arrivée : Moirans-en-Montagne • Distance : environ 140 km • Durée : 4h30 (hors arrêt aux cascades) • Dénivelé : +1 200 m cumulés • Type de route : routes sinueuses, cascades, lacs, belvédères, gorges et forêts denses,
La chute de l’Éventail : fraîche comme son nom l’indique
Au total le sentier des cascades fait 7 km aller-retour, pour un dénivelé de 255 m. Attention, il faut prévoir 3 h pour le parcourir intégralement et le port de chaussures adaptées est vivement recommandé.
Après cette pause brumisation, vous pourrez reprendre la route sur la D39 en direction de Clairvaux-les-Lacs, puis la D678 en direction de Doucier et du lac de Chalain. Vous vous trouverez d’ailleurs sur la route des lacs du Jura, une itinérance spectaculaire dans ce petit coin de paradis qui abrite plus d’une quinzaine de lacs. Elle épouse les contours du massif jurassien et met en valeur de véritables joyaux. Vous pourrez en profiter pour pique-niquer au bord de l’eau et boire un café à la terrasse du Chalain Café. En été, nul doute que votre moto ne sera pas seule sur le parking.
L’après-midi, vous prendrez la direction du lac de Bonlieu, dans un décor sauvage et forestier. Il est possible de faire le tour de ce lac à pied. Une heure de bonheur et de contemplation. Ensuite vous poursuivrez votre route jusqu’à Saint-Laurent-en-Grandvaux par la D437. Cette route vous permettra d’enchaîner les virages, les descentes et les montées dans un décor toujours aussi merveilleux.
Vous arriverez en fin de journée à Moirans-en-Montagne, petit village paisible et capitale du jouet, pour passer la nuit. Le village domine le long et sinueux lac de Vouglans retenu par le barrage du même nom. Son musée du jouet ravira celles et ceux d’entre vous qui n’ont jamais vieilli (c’est-à-dire, je l’espère, presque tous !), et sa via ferrata vous permettra de tester d’autres vertiges que ceux que vous offrent vos motos.
À ne pas manquer : les Cascades du Hérisson bien sûr, mais aussi le belvédère des 4 lacs à Ilay. Accessible facilement à pied, il vous proposera une vue inoubliable sur les lacs de Chalain, Narlay, Ilay et Petit-Machu. A chaque fois que je contemple ce spectacle j’ai le sentiment d’être au Canada…
Mon conseil
Faites attention à l’humidité dans les sous-bois du Jura, surtout le matin. Certaines épingles peuvent être piégeuses.
Jour 3 – Villages perchés et routes secrètes du Jura
Nature sauvage et nature cultivée : une étape sous le signe de la pierre et de la vigne
Départ : Moirans-en-Montagne • Arrivée : Salins-les-Bains • Distance : environ 150 km • Durée estimée : 5h00 (avec arrêts) • Dénivelé : +1 600 m cumulés • Type de route : routes secondaires, vallées, vignes et passages en altitude.
Départ tranquille de Moirans, direction Arinthod via la D470, en traversant de petits villages hors du temps : Saint-Hymetière, Genod, Vescles. C’est la partie la plus intimiste du voyage loin des grands axes. Les routes sont plus étroites mais le bitume reste correct. On roule entre les haies et les murets de pierre, on croise des troupeaux, on entend les cloches résonner dans les vallons.
On quitte le Haut-Jura pour entrer dans un paysage spectaculaire : la route traverse des prairies, des forêts et des combes typiques du Jura. Là encore elle invite à rouler tranquillement en profitant du décor. À mesure qu’on descend vers Baume-les-Messieurs, le paysage se resserre. Les falaises calcaires surgissent, hautes et impressionnantes, comme si la route s’engouffrait dans un amphithéâtre naturel. Les virages deviennent plus marqués, parfois encaissés et je me souviens d’avoir un peu « ramé » au guidon de ma petite 125 dans certaines portions vraiment raides.
En arrivant à Baume-les-Messieurs, je suis sûr que vous aurez le sourire. C’est un village magnifique, traversé par une jolie rivière et entouré de falaises verticales très impressionnantes. Prenez le temps de vous balader à pied et de découvrir ses maisons en pierre, ses ponts et ses ruelles étroites. Vous pourrez également visiter son abbaye impériale, une ancienne abbaye bénédictine érigée au IXe siècle. Elle peut être visitée librement et vous apprécierez de vous balader entre ses trois cours qui offrent un vrai décor de film (immersion garantie !), son église abbatiale et son donjon remarquablement préservés. Mais elle est surtout célèbre pour son impressionnant retable de dimensions monumentales (5,4 m de large par 4 m de haut), que vous pourrez admirer de tout près si vous optez pour une visite guidée.
Après la pause à Baume-les-Messieurs, la route vers Château-Chalon change de caractère. On remonte progressivement sur les reculées jurassiennes, avec de belles portions sinueuses, des vues dégagées sur les vignes et la vallée de la Seille. Ces reculées sont une particularité géologique du Jura. Ce sont des vallées étroites, bordées de falaises abruptes. On estime qu’elles se sont créées il y a 200 millions d’années. J’ai eu le bonheur de rouler dans ce décor somptueux grâce à Lionel, un abonné de Ma Bande de Potes, qui roule en side-car Dniepr de 1968 ! Il m’avait proposé de découvrir avec lui cette partie du Jura où il vit, et je peux vous dire que je n’ai pas été déçu ! J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à découvrir ce paradis.
En quittant Château-Chalon, vous plongerez directement vers la plaine d’Arbois et très vite vous vous retrouverez dans un décor viticole magnifique, avec des coteaux à flancs de collines et une petite route qui serpente au milieu des vignes. Dans les petits villages que vous traverserez, vous verrez de nombreuses caves qui vous proposeront de déguster la production locale.
À l’approche d’Arbois, le paysage devient plus large, plus lumineux et la route s’élargit. Attention d’ailleurs, car quelques radars mobiles sont installés ici et là et vous inciteront à rouler tranquillement…
Fin d’étape à Salins-les-Bains : possibilité de se détendre dans les thermes ou de flâner dans les ruelles anciennes.
À ne pas manquer : le Fort Belin à Salins, accessible à pied ou en moto par un petit sentier goudronné.
Mon conseil
Sur les routes du Jura intérieur, oubliez la vitesse — cherchez le rythme : les virages s’enchaînent comme une chanson qu’on connaît par cœur, mais attention aux gravillons entre Arinthod et Poligny.
Jour 4 – Le retour par les crêtes et les belvédères
Perspectives et lignes d’horizon : une étape sous le signe de l’air
Départ : Salins-les-Bains • Arrivée : Besançon • Distance : environ 125 km • Durée estimée : 3h30 (hors arrêts photo) • Dénivelé : +900 m cumulés • Type de route : routes panoramiques, crêtes, belvédères et descentes.
Dernier jour, cap sur les crêtes jurassiennes. Depuis Salins-les-Bains, vous prendrez la D492 en direction de Nans-sous-Sainte-Anne puis la D273 vers Myon afin de vous rendre au sommet du Mont Poupet. Pour y parvenir, vous emprunterez une route forestière tout à fait carrossable qui permet d’atteindre un parking proche des aires de décollage de parapente et du belvédère. Laissez vos motos et faîtes quelques hectomètres à pied pour accéder au belvédère. Vous aurez alors sous les yeux un panorama magnifique, avec des collines et des forêts à perte de vue. Par beau temps, vous pourrez même apercevoir les Alpes.
Ensuite faîtes demi tour par la route forestière et reprenez la D492 en direction de Nans-sous-Sainte-Anne. Vous traverserez une vallée boisée avec des zones agricoles et des collines verdoyantes.
Nans-sous-Saint-Anne est un village pittoresque que j’aime beaucoup. Vous pourrez visiter l’ancienne taillanderie qui date du 19e siècle. On y fabriquait des outils taillants et en particulier des faux.
Ensuite je vous conseille de faire un détour d’à peine un kilomètre pour vous rendre à la source du Lison. Il y a un parking aménagé juste à côté, depuis lequel un sentier très facile mène à la cascade et à la source. En été l’eau qui sort de la montagne procure une sensation de fraicheur très appréciable. L’eau est d’ailleurs très froide et la baignade y est interdite pour des raisons de sécurité. Petite précision : l’accès au site est totalement gratuit.
Arrêt obligatoire au belvédère du Moine : la vallée du Doubs s’étend à perte de vue. Sensation de bout du monde.
Continuez vers Ornans, repassez par la vallée du Doubs (D67), et bouclez votre périple en revenant à Besançon par le sud.
Si le timing le permet, montez jusqu’au Fort de Chaudanne pour admirer la ville vue d’en haut : une conclusion parfaite à quatre jours de roulage.
À ne pas manquer : à écrire
Mon conseil
Prévoyez un vêtement chaud pour la route des crêtes — le vent y est souvent fort, même en été.
Infos pratiques
Où prendre un verre ? Où manger ?
En rando, la plupart du temps, on se laisse guider par le hasard, on s’arrête à l’inspiration. Les adresses ou les tuyaux que je partage ici avec vous sont une simple sélection d’endroits où j’ai passé de bons moments, auxquels je trouve un intérêt ou un charme particuliers, ou qui font figure d’incontournables dans l’esprit motard. N’hésitez d’ailleurs pas à m’écrire (coordonnées en fin de guide) pour me faire part de vos découvertes et vos propres coups de cœur. Je me ferai un plaisir de mettre à jour ce book et de passer votre bonjour aux amis !
Le Chalain Café – Doucier
Impossible de rouler dans le Jura sans s’arrêter ici. Niché juste au bord du Lac de Chalain, ce petit café sans prétention est devenu un repaire de motards et de locaux. Terrasse en bois, vue turquoise sur le lac, et un patron toujours prêt à parler mécanique autour d’un café crème. L’endroit parfait pour une pause après les Cascades du Hérisson.
Adresse précise et téléphone ou liens en ligne (insta, fb, site…)
Hôtel Le Lac – Malbuisson (Lac Saint-Point)
Sur les rives du troisième plus grand lac naturel de France, l’Hôtel Le Lac invite à une pause parfaite au cœur du Haut-Doubs. Terrasse face à l’eau, chambres confortables et accueil motard friendly.
Le restaurant attenant réunit les saveurs régionales (truites fumées, tartines comtoises) dans une ambiance décontractée. Le soir, on savoure sur la terrasse le spectacle de la lumière sur l’eau.
Une halte comme on les aime : simple, authentique, et pensée pour les motards.
Adresse précise et téléphone ou liens en ligne (insta, fb, site…)
Le Bistrot des Claquets – Arbois
Une institution du Jura. Entre les murs en pierre et les tables en bois, on croise aussi bien des vignerons que des motards en cuir. Le menu change tous les jours, mais les vins du coin sont toujours à l’honneur : un verre de Savagnin ou de Trousseau pour accompagner une assiette du terroir. Le soir, ça discute fort et ça rigole — exactement l’esprit “Ma Bande de Potes”.
Adresse précise et téléphone ou liens en ligne (insta, fb, site…)
Liste à poursuivre
Texte de présentation
Adresse précise et téléphone ou liens en ligne (insta, fb, site…)
Où dormir ?
Hôtels
Liste : si possible au moins un par lieu de fin d’étape (incluant Besançon)
Adresse précise et téléphone ou liens en ligne (insta, fb, site…)
Campings
Liste : si possible au moins un par lieu de fin d’étape (incluant Besançon)
Adresse précise et téléphone ou liens en ligne (insta, fb, site…)
Points de bivouac
Liste : si possible au moins un par lieu de fin d’étape
Localisation précise
Cartes de vos étapes
Retrouvez ci-dessous le tracé GPS complet de ce Potibook N°1 : Routes du Jura et du Doubs.
Ce tracé suit exactement l’itinéraire décrit dans ce guide. Il vous suffit de l’ouvrir sur Kurviger pour visualiser la route, la télécharger ou l’exporter vers votre GPS.
NB : je crois pratique de fournir 4 tracés (1 par étape) au lieu d’un seul. Ou éventuellement 4 tracés d’étapes et un qui les regroupe rait tous. Mais je ne sais pas ce que Kurviger rend facilement possible donc je vous laisse voir.
Les Potibooks
de Ma Bande de Potes
Les Potibooks sont une série de guides de randonnées pour les motards qui partagent les valeurs de Ma Bande de Potes, une communauté réunie autour d’une chaîne YouTube, d’une newsletter, de rencontres et de raids conviviaux à moto sur les plus belles routes de France ou du Maroc : les Potiflettes.
Les Potibooks sont conçus, rédigés et édités par un motard passionné de terroirs, de motos de légende, de pilotage paisible au gré du vent, de liberté, de solidarité et d’amitié, toutes valeurs qui font et fondent cette Bande de Potes dont vous êtes, si vous lisez ces lignes, probablement un membre de cœur.
Pour tout contact, rendez-vous en commentaires sur la chaîne, ou écrivez-moi à bernie@mbdpshop.fr
Long live Ma Bande de Potes !
Bernie ❤️👍